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L’écrivain mexicain Jorge Volpi a obtenu mercredi en Espagne le prix Alfaguara 2018 pour « Un roman criminel » consacré à l’affaire Florence Cassez, une Française ayant passé plus de sept ans en prison au Mexique pour «enlèvements» avant que sa condamnation soit annulée en 2013 par la Cour suprême mexicaine.

«C’est un roman sur la recherche de la vérité» et qui «relance le débat sur notre système judiciaire», a dit l’auteur par téléconférence.

Florence Cassez avait 31 ans à la fin 2005 quand elle a été arrêtée en même temps qu’un Mexicain, Israel Vallarta – avec qui elle avait vécu un an – soupçonné de diriger un groupe ayant à son actif une dizaine d’enlèvements et un meurtre. Elle avait été condamnée en 2009 à 60 ans de prison.

Au total, elle avait passé plus de sept ans en détention avant que la Cour suprême mexicaine annule sa condamnation, début 2013, en estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés par les autorités et que les preuves avaient été trafiquées.

L’affaire Cassez avait provoqué en 2011 une crise diplomatique entre Paris et Mexico, ayant entraîné l’annulation par le gouvernement mexicain de l’Année du Mexique en France.

5013741 6 667c 2016 10 12 95f9824 6749 14csm10 c41f57c42ec05a17152d4f449adab5cd 30c26Les 5 ans de « M Le mag ». En janvier 2013, elle était libérée après sept ans passés dans les geôles mexicaines. Aujourd’hui installée à Dunkerque, elle tente de se reconstruire.

Par Joëlle Stolz

Dunkerque est une ville apaisée, ouverte aux vents de la mer du Nord, traversée par le vol des mouettes. Et pourtant pleine de cicatrices, vingt fois prise et reprise au cours de son histoire, au prix de terribles batailles. Une ville qui a dû souvent se défendre et se reconstruire. Il y a quelques mois, c’est là que la vie a ramené Florence Cassez, ancienne prisonnière du Mexique, après le tourbillon qui a suivi sa libération et son retour en France, fin janvier 2013.

Sept ans de malheur, enfermée pour des enlèvements dans une geôle mexicaine où elle n’a cessé de crier son innocence. Et trois ans du bonheur d’être libre, de mener une existence de femme comme les autres, d’avoir enfin un enfant, cadeau miraculeux pour qui voyait avec angoisse tourner l’horloge biologique – arrêtée à 31 ans en décembre 2005, elle est sortie de prison à 38 ans. Mais ce furent aussi trois ans de doutes et de découragement. Pas facile de se confronter à la réalité d’un pays en crise quand on en a été éloignée de force si longtemps. Pas facile de retomber sur terre après une histoire pareille.

PENDANT 5 ANS, SON VISAGE AVAIT FAIT LE TOUR DES MÉDIAS FRANÇAIS ET MEXICAINS. EMPRISONNÉE AU MEXIQUE POUR DES CRIMES QU’ELLE N’A PAS COMMIS, SON HISTOIRE AVAIT TOUCHÉ LES FRANÇAIS. AUJOURD’HUI, ELLE REVIENT SUR PLANÈTE + CRIME INVESTIGATION AUX CÔTÉS DE MÉLISSA THEURIAU. « DANS LES YEUX DE FLORENCE », UNE SÉRIE-DOCUMENTAIRE À NE PAS LOUPER.

PUBLIÉ PAR LA RÉDACTION LE 1 AVRIL 2016 DANS CULTURE, MÉDIAS

Donner la parole aux innocents

L’idée d’un tel projet a mûri dans les murs de la prison mexicaine. Le but de Florence Cassez en sortant de prison : aider ceux qui ont vécu, comme elle, une injustice. Leur donner la parole pour qu’ils soient enfin écoutés. 3 ans après sa libération, elle réalise en compagnie de Mélissa Theuriau 4 épisodes pour la série documentaire « Dans les yeux de Florence ». Face à elle, des hommes et des femmes victimes d’erreur judiciaire comme elle. Brahim El Jabri, Loïc Sécher, Christian Iacono et Jean-Louis Muller sont ceux qui ont accepté de parler à coeur ouvert de leurs vies carcérales comme de leurs reconstructions. Et malgré des accusations différentes (viol, meurtres), des liens forts se sont établis entre eux et Florence Cassez. Des liens qu’elle a expliqués dans un entretien pour le magazine Elle : « Il y avait de l’empathie réciproque. Ils sentaient qu’ils pouvaient tout me dire, se livrer, m’expliquer des choses que j’allais comprendre ». La présence de Florence semble donc être un élément majeur pour le documentaire. Pour Mélissa Theuriau, interviewée par TéléObs, sa présence est primordiale : « Avoir Florence comme interlocutrice, plutôt qu’un journaliste, c’est différent, car elle est passée par les mêmes étapes ».

Une collaboration prometteuse

RTL 09336L'ancienne prisonnière s'est penchée sur des cas d'erreurs judiciaires similaires au sien avec le soutien de la journaliste et réalisatrice Mélissa Theuriau.

Une nouvelle série documentaire de 4 épisodes baptisée Dans les yeux de Florence, donne la parole à des victimes d'erreurs judiciaires. Cette série est réalisée par Florence Cassez, elle-même accusée à tort et incarcérée pendant 7 ans au Mexique il y a quelques années, et produite par la journaliste Mélissa Theuriau. Les premiers documentaires de cette série ont été diffusés le 25 mars, les deux derniers l seront ce vendredi 1er avril. On y découvre à chaque fois, une nouvelle histoire d'un condamné à tort qui ont servi de catharsis à florence Cassez. "Il a fallu que je m'intéresse à d'autres cas, que je trouve des âmes jumelles", explique l'ancienne prisonnière.

 

cassez1 f7a0fDès fin mars, la bethunoise d’origine va présenter une nouvelle série documentaire intitulée Dans les yeux de Florence et consacrée aux personnes victimes d’erreur judiciaire. Voir l’interview de Yann Barthes avec Florence Cassez et Mélissa Theuriau !

Trois ans après sa libération , que devient Florence Cassez ? La jeune femme, maman d’une petite Fleur , née en février 2015, s’ouvre à une nouvelle activité. Elle va devenir animatrice pour la chaîne Planète + Crime Investigation.

Quatre épisodes sont prévus. Pour chaque volet, Florence a rencontré une victime d’erreur judiciaire dont le dossier est « jugé et clos ». Selon la chaîne, il ne s’agit pas de refaire l’enquête, mais de « décortiquer le mécanisme troublant de l’erreur judiciaire et de mettre en évidence ses conséquences sur la vie de ces hommes et femmes« . Comme l’explique Florence : « Eux et leurs proches expliqueront la valeur de la confiance, du doute, de l’amour, de la justice, de la honte, du déshonneur et de l’abattement« .

Telerama 90c0cChristian Iacono, Loïc Secher, Jean-Louis Muller, Brahim El-Jabri. Comme Florence Cassez, ils ont purgé de longues années de prison avant d'être innocentés. Elle est allée à leur rencontre pour recueillir leurs témoignages. Une série documentaire à voir sur Planète + Crime Investigation à partir du 25 mars. Difficile d'être un résilient de l'injustice.

Florence Cassez a passé sept ans dans les prisons mexicaines pour un délit – d'enlèvements – qu’elle n’a pas commis. Condamnée à 96 ans, puis 60 ans de détention, elle n'a jamais cessé de se battre et de clamer son innocence. Elle a finalement été libérée le 23 janvier 2013 et dégagée de toutes les charges qui pesaient sur elle. Il y a quelques mois, elle a accepté de réaliser pour Planète + Crime Investigation une série documentaire en quatre épisodes où elle part à la rencontre de quatre hommes qui, comme elle, ont passé des années de prison alors qu'ils étaient innocents. Aussi énergique que douce, elle en a tiré des histoires où il est beaucoup question de (ré)apprendre à vivre après avoir subi l'injustice et le traumatisme de la prison.

En préambule des quatre documentaires, vous évoquez une « communauté de destin » qui s’est créée avec tous ceux qui sont, ou ont été, victimes d’erreur judiciaire (1). Connaissiez-vous ces hommes avant de les rencontrer ?

TVNews 25032016 e6499Après sept années passées dans les prisons mexicaines pour un crime qu'elle n'a pas commis, Florence Cassez a été libérée au terme d'un combat retentissant. Elle souhaite aujourd'hui donner la parole à ceux qui, comme elle, ont été victimes d'erreurs judiciaires et ont vu leurs vies détruites.

Premier épisode de la collection Dans les yeux de Florence ce vendredi 25 mars à 20h45 sur Planète CI.

Mélissa Theuriau produit cette série documentaire.

En 2003, Brahim El Jabri a été condamné - comme son coaccusé Kader Azzimani - à vingt ans de réclusion pour le meurtre d'un dealer. En 2014, au terme d'un procès en révision très tendu, ils ont finalement été tous les deux réhabilités. Florence Cassez part à la rencontre de Brahim El Jabri, trafiquant de drogue au moment des faits, condamné après une enquête bâclée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le figaro 25032016 b34d6CE SOIR À LA TÉLÉ - L'ex-détenue incarne une collection documentaire produite par son amie Mélissa Theuriau.

Lors de sa première visite à Florence Cassez, en exclusivité pour TV Magazine, Mélissa Theuriau ne sait pas encore que, six années plus tard, elle sera sa productrice. Là, derrière les barreaux, au fil de ses visites et coups de téléphone avec cette Française retenue dans une prison mexicaine pour un délit qu'elle n'a pas commis, une amitié se forge. Elle deviendra indéfectible. «Dès 2013, à sa libération, elle n'a exprimé aucun sentiment de revanche, mais l'envie d'un boulot qui lui permette de se sentir utile, de donner la parole à d'autres, raconte Mélissa Theuriau. J'ai alors eu l'idée de cette collection,Dans les yeux de Florence (Planète+ CI) où elle irait à la rencontre de victimes, comme elle, d'erreurs judiciaires.» Et, pour Florence Cassez, ce projet avec celle qui est devenue son amie et la marraine de sa fille, est la concrétisation d'un rêve né derrière les barreaux mexicains. «Pour tenir, il fallait que je me transpose à l'extérieur.» Depuis son retour en France, Florence Cassez s'est patiemment reconstruite. Elle semble avoir bien rangé, dans un coffre-fort de son cerveau, ce passé douloureux. Mais son joli visage ayant marqué l'inconscient collectif, n'importe qui semble en détenir la clé.

Traumatisés à vie

Mélissa Theuriau (à droite) et Florence Cassez sont devenues amies quand la journaliste s’est rendue au Mexique, en 2010.C’est Mélissa Theuriau qui a eu l’idée pour son amie : une série de quatre documentaires tournés avec autant d’hommes condamnés à tort, puis innocentés, dont un Lillois (ce vendredi soir). On est ici entre gens qui se comprennent.

Florence Cassez en convient : le retour à la vie normale a été plus difficile qu’elle l’avait imaginé. En sept années de prison au Mexique, elle avait perdu beaucoup de confiance en elle, énormément de repères, et laissé filer tout un tas de nouveautés de la vie qui avance.

« Je ne savais pas ce qu’étaient les réseaux sociaux, j’avais peur des endroits fréquentés, je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais pas de travail... » Bref, plus rien n’allait, dans cette liberté qu’elle avait tant attendue.

Mais aujourd’hui, trois ans après son retour, tout va bien. Elle a trouvé un travail dans une société de services, elle s’est mariée et le couple, installé à Annecy, a une petite fille toute brune d’un peu plus d’un an. « C’est la vie normale à laquelle j’ai toujours aspiré », sourit-elle.

Et puis, il y a les amis. Comme Melissa Theuriau, marraine de sa fille et tellement complice, depuis qu’elle est allée rencontrer la détenue de Tepepan dans sa prison, en 2010. « Je voyais qu’elle souhaitait partager son expérience, aider les autres, peut-être... » La productrice a eu l’idée d’une série de rencontres, avec d’autres condamnés à tort. Des gens que la justice avait envoyés en prison avant de reconnaître ses erreurs – ce qui est rare...